Le métier de traducteur est-il en voie de disparition ?

Les technologies en traduction se sont rapidement développées au cours de ces dernières décennies, provoquant des bouleversements dans l’ensemble de l’industrie. Aujourd’hui, les traductions humaines restent de loin supérieures aux traductions automatiques. Mais pour combien de temps ?

Les traductions automatiques se développent rapidement

Il est, à l’heure actuelle, impossible de déterminer le niveau de qualité que les traductions automatiques pourront atteindre à l’avenir. La traduction automatique est pour l’instant en mesure de produire des textes compréhensibles et continue de progresser. D’autant plus que les développeurs rationalisent la capacité des ordinateurs à puiser dans les bases de données de traductions humaines. Peut-être qu’un jour, les traductions automatiques atteindront la perfection.

Cette touche d’humanité qu’il manque aux ordinateurs

« La perfection » n’est pas toujours recherchée dans une traduction.

C’est un fait particulièrement évident dans la poésie. Le message d’un poème est non seulement porté par le sens littéral de ses mots, mais aussi par leurs allusions et connotations, leur cadence et leur rythme. Cela signifie que la traduction littérale d’un poème ne peut jamais prendre tout son sens. Les traducteurs de poésie réécrivent le poème dans une autre langue, en s’écartant parfois fortement du sens littéral des mots afin de transmettre le sens sous-jacent de l’œuvre.

Ce genre de compréhension nuancée exige une certaine sensibilité. C’est d’ailleurs la seule qualité que les humains ont et que les ordinateurs n’auront jamais (du moins en dehors du domaine de la science-fiction dystopique).

Une autre chose dont les ordinateurs sont dépourvus est la capacité à reconnaître les différences culturelles et les malentendus potentiels. Même si la grammaire et la syntaxe d’une traduction sont irréprochables, le texte doit tenir compte des sensibilités et des différences culturelles du public cible. Il est fondamentalement impossible de créer un algorithme qui tienne compte des différences culturelles de chaque individu. Celles-ci sont bien trop variées et imprévisibles.

Les traducteurs et les ordinateurs sont-ils réellement en compétition ?

La traduction automatique n’est pas la seule technologie qui s’est développée ces dernières années dans le domaine de la traduction. Divers outils de traduction assistée par ordinateur (TAO) ont été conçus en vue d’aider les traducteurs à travailler plus rapidement, plus efficacement et de façon plus approfondie.

Le modèle de traduction le plus efficace à l’avenir sera peut-être une sorte d’hybride.

La plupart des traducteurs travaillent avec un logiciel de traduction assistée par ordinateur. Les entreprises qui optent pour la traduction automatique s’attachent généralement les services d’un réviseur humain pour relire le texte, le lisser et l’adapter au public.

Il faut bien entendu s’attendre à ce que la technologie se développe suffisamment pour combler l’écart entre ces deux modèles. Le modèle ultime de la traduction pourrait être une sorte de traduction automatique assistée par un humain ou, si vous préférez, une traduction humaine assistée par ordinateur.

Les traducteurs humains ne pourront donc jamais être complètement remplacés. Le défi, pour les traducteurs, sera de rester à l’affût des nouveautés et de figurer parmi les premiers à adopter les nouvelles technologies, tout en adaptant les modèles commerciaux aux nouvelles réalités du futur.